Bon, je n'étais déjà pas beaucoup au clavier ces dernières semaines, mais là les derniers jours j'avais une vraie excuse: je n'avais pas pris mon portable à l'EGU (la grande
"
" viennoise annuelle des milliers de 'géo-scientifiques' européens...). Je reprends
donc mes notes de la conférence a posteriori...
Semaine passionnante, of course; dans ce qui m'interessait le plus directement (biogéosciences), assisté à beaucoup de choses portant par exemple, comme attendu, sur le feedback
climat/carbone, sur le couplage cycles azote/carbone, les incertitudes sur le bilan de carbone de la biosphère (modèle ou mesures), sur les émissions d'isoprènes aussi, ou les modèles de feux
- et bien sûr sur l'importance de l'humidité du sol pour les interactions surface/atmosphère (et donc l'importance de la mesurer efficacement, voir projet
SMOS par exemple).
Bien aimé, notamment, les allemands du MPI-Hambourg, qui sont arrivés avec des travaux intéressants sur la reconstructions du land-cover depuis l'an 800 (!), et comment les
émissions de CO2 issues de cette évolution (déforestation)
seraient incompatibles, apparemment, avec les
observations des carottes de glace (qui indiquent une baisse du CO2 sur les 13è-18è siècles).
Au niveau de choses plus générales, essayé de pister les talks avec des titres "sexy" (rapid change, tipping-points, etc...) mais vu peu de choses vraiment polémiques (voire,
decevantes) : lors de la seule présentation comportant les termes "climate sensivity", par exemple (Tanaka et al.), les questions sur J.Hansen et
sa sensibilité à 6°C se sont vues coupées
par le chairman :-| ... Cela dit, il y avait un talk piquant de Thomas Reichler (university of Utah), le premier jour, qui faisait un classement des 25 modèles de l'IPCC-2007 sur
leurs performances à simuler le climat présent (obs satellite sur 79-99), sur la base d'un unique indice composite aggrégeant de nombreuses variables, par grandes régions. Si vous y
croyez, le modèle du GFDL (Princeton) sortait bon premier - celui de l'IPSL faisant plutôt pâle figure (chacun dans la salle cherchait "son" modèle anxieusement sur la diapo principale
:-)). On guette le papier qui doit mieux expliciter la chose, vu que la hiérachisation des modèles fait quand même un peu figure d'arlésienne... (des annonces de presse
ici ou là - mais le
Bams mentionné ne parle pas du classement des modèles...)
S'ensuivait notamment dans la même session un
talk de C.Forest (Cambridge), suggérant que les modèles IPCC
surestiment l'uptake océanique de chaleur, et par conséquent sous-estiment le réchauffement à venir (pour les esprits chagrins que l'alarmisme ennuie, il y avait bien
un talk dans le conférence comportant les mots "negative feedback", à propos de la ... fonte de l'Antarctique - Swinge a eu du
succès...).
Bref, en tout cas beaucoup de choses vues - et beaucoup de pas-vues évidemment, faute d'ubiquité -, pas mal de choses à fouiller.