Il vient de sortir un
papier dans Nature Geoscience, par notamment R.Vautard et P.Yiou du Lsce, qui met spectaculairement en évidence, pour la première fois semble-t-il, la diminution des phénomènes nuageux de basse altitude (brouillards, brumes) en Europe au cours des dernières décennies - probalement due à une diminution de la pollution atmosphérique...
Li'dée générale du papier est que cette diminution, en permettant une augmentation du rayonnement solaire incident, a engendré un réchauffement supplémentaire par rapport au réchauffement global dû au gaz à effet de serre - réchauffement additionnel que les auteurs essaient, par un modèle statistique, de quantifier.
Ceci permettrait peut-être d'expliquer un point pour l'instant obscur de l'évolution climatique récente: le fait que l'Europe ait connu, depuis les 70's, un réchauffement bien supérieur au réchauffement moyen sur l'ensemble des continents (0.5°C/décade contre 0.27), phénomène que les modèles de climat n'arrive pas à reproduire.
Le Figaro - visiblement alléché par le concept d'un réchauffement qui ne serait pas dû au CO2.. ? - a tenté un
compte-rendu de cet article, et s'est un peu pris les pieds dans le tapis: ca devient grosso modo: le réchauffement européen récent est pour partie dû à l'éclaircissment du ciel, et comme celui-ci va connaître une stabilisation (on ne peut pas épurer indéfiniment le ciel...), ce réchauffement va ralentir, et être "
moindre que prévu par les modèles climatiques dans les années à venir, qui n'ont pas intégré l'impact des brouillards"... encore un peu plus loin: "
On peut d'ores et déjà en conclure que l'augmentation des températures sur le continent européen devrait être moins importante que prévu étant donné que l'amélioration de la qualité de l'air sera désormais très progressive et n'aura pas d'effet spectaculaire comme au cours des trois dernières décennies."
Notez aussi au passage la très jolie formule "La qualité de l'air augmente la radiation du soleil"....
Bref - il y a eu un léger glissement sémantique... la moralité, ce serait plutôt que ce phénomène de réduction des brumes et brouillards, non pris en compte dans les modèles, est sans doute ce qui explique l'écart (positif) entre la tendance en T° observée et celle modélisée - maintenant que ce phénomène approche d'un certaine limite, on pourrait plutôt penser que la trend des t° va "retomber" vers ce qui était initalement "prévu par les modèles".
[par hasard il y a un
GRL cette semaine exactement sur le même sujet...]
Enfin, on pourrait également se demander ce qui va se passer en termes de réchauffement quand les pays comme la Chine ou l'Inde vont réduire leur propre pollution atmosphérique (s'ils y parviennent)...