Actualité, réflexion autour du changement climatique, de l'énergie, de l'environnement...
Une petite série "article-comment-reply" rigolote dans Science:
il y a quelques semaines y paraissait un article de Kröpelin et, notamment, AM Lezine du Lsce, sur l'assèchement du Sahara depuis l'optimum de l'Holocène (le fameux Sahara Vert, vers -6000 ans en gros - attention, pas une forêt tropicale humide, hein, plutôt une savane, devenue désert vers -2700) étudié d'après une carotte sédimentaire du lac Yoa au Tchad: en gros l'assèchement aurait été assez progressif, et les auteurs s'appuient là-dessus pour, à contre-courant du "mainstream", défendre l'idée d'un faible feedback végétation/atmosphère (l'idée que la baisse des pluies dégrade la végétation, ce qui aridifie davantage le climat, ce qui dégrade encore la végétation, etc...). En effet, si ce feedback était fort, la rétroaction positive entre la baisse de la pluviométrie et la dynamique à long terme de la végétation aurait généré un "basculement" rapide, achevé typiquement en quelques dizaines d’années. C'est plus ou moins ce qui est admis pour cet assèchement du Sahara (supporté notammnent par des enregistrements de dépôts de poussières au large de la Mauritanie qui suggèrent une transition abrupte humide/sec).
Or cette idée d'un feedback végétation/cilmat est un peu le cheval de bataille de la communauté land-use, celle qui étudie les interactions surface/atmosphère, essentiellement par modélisation... Commentaire de V.Brovkin et M.Claussen, donc, dans l'édition de cette semaine de Science (je traduis): "vos données n'invalide rien du tout, si ca se trouve ca ne concerne que l'Est du sahara, il faudrait d'autres données sur l'ensemble de la région - et puis surtout regardez toutes les études de modélisations qui montrent que le feedback est important, ca veut bien dire quelquechose, quand même !! "
Reply de Kröpelin et al:" Rien du tout - les modèles ne sont pas d'accord entre eux, ni spatialement ni physiquement (= ils mettent en jeu des mécanismes différents pour assécher le Sahara), vous êtes pas crédibles, et même vous feriez bien mieux de prendre nos données comme validation de vos gros machins. D'ailleurs on trouvera jamais d'autres données meilleures que les nôtres, rêvez pas."