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Bon, comme le dit Stoat, les choses étaient plutôt calmes sur le front du climat dernièrement. A la faveur de l'hiver 2008 plutôt froid dans l'hémisphère Nord sous l'influence de La Nina, des gens ergotent sur les tendances de T° globale au cours des dernières années, avec un réchauffement qui se serait arreté, serait moins rapide que prévu, voire se transformerait en refroidissement... Le summum du genre étant apparemment Claude Allègre dans Le Point (sans doute vexé de n'avoir pas été nommé à la Recherche, il fait très fort...le charabia est ici). Bref, pas très intéressant - comme si d'un coup la physique de base avait disparu, et qu'on observait une courbe aléatoire pour savoir si elle allait monter ou descendre (j'allais dire un cours de bourse, mais ca me parait un peu trop pencher à la baisse comme exemple en ce moment :-))...
Les températures globales du CRU, de la NOAA et du GISS sont là, là et là, pour se convaincre de la pertinence du débat.
Mais juste comme on commencait à s'ennuyer un peu, voici qu'en Antarctique Ouest, in extremis à la fin de l'été austral, un large bout (~500 km2) de la plate-forme Wilkins se désintègre... Vous n'avez pas pu passer à côté, tout le monde en a parlé (voir par exemple ici, là, vidéo impressionnante là):
Moins grand que Larsen B en 2002 (3250 km2), mais le reste (1300 km2) de la plate-forme semble rester en danger pour l'été prochain .
Cette carte du NSIDC montre les principales plate-formes de l'Antarctique. Où parier pour la rupture suivante ? Larsen C (comme Eric Rignot le pense ) ? Ross ?

Evidemment il faut rappeler que ces désintégrations (13000km2 au total depuis une trentaine d'année en Antarctique) ne sont pas directement responsables de la hausse du niveau marin, puisque ces plate-formes flottent déjà sur l'eau, mais en revanche elles peuvent permettre l'accélération de l'écoulement vers la mer des glaciers adjacents, ce qui pour le coup apporte un volume d'eau supplémentaire à l'océan - même si dans le cas présent la plate-forme Wilkins ne semble pas retenir de trop nombreux glaciers (au contraire de la plate-forme de Ross, par exemple).
Enfin on lit parfois des gens qui disent qu'il fait de toute façon trop froid en Antarctique pour que ca fonde; voici donc les températures moyennes (79-01) des réanalyses ERA40 sur la zone, été et hiver (copyright WConnolley):
et ces cartes de la NASA du nombre de jours de fonte en 2004-2005, et de la premiere année de fonte observée sur 87-2006.
(hmm, ca chauffe chez Ross on dirait..)
Bref. En tout cas tout ce bruit médiatique a semble-t-il un peu énervé Roger Pielke sur son blog, qui en veut aux journalistes Panurgiens et rappelle que la banquise antarctique est, elle, au meilleur de sa forme (même si la tendance sur la glace de mer antarctique n'est pas significative, du fait de la forte variabilité), et qu'au nord la banquise arctique s'est refait la santé cet hiver bien au-delà de l'an dernier à la même époque:
En effet - mais tant qu'a être exhaustif, indiquons aussi qu'une large part de cette reprise en glace arctique est, fatalement, de la glace annuelle, donc plus fine, et susceptible de fondre plus facilement l'été qui vient (source ici). A suivre en tout cas de près.