Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /Jan /2010 11:14
- Par ICE
C'est la petite goutte d'eau qui fait tache d'huile, comme qui dirait: le GIEC a commis une grossière erreur dans son rapport 2007 - plus précisément à la page 493 du chapitre 10 de son deuxième volet intitulé "impacts, Adaptation et Vulnérabilité" (le premier volet consitutant la partie "Sciences du Climat", et le troisième une partie davantage sur "les actions possibles"). Voir par exemple dans Le Monde.
Le passage en question:
"Glaciers in the Himalaya are receding faster than in any other part of the world (see Table 10.9) and, if the present rate
continues, the likelihood of them disappearing by the year 2035 and perhaps sooner is very high if the Earth keeps warming at the current rate. Its total area will likely shrink from the present 500,000 to 100,000 km2 by the year 2035 (WWF, 2005)."
2035 ?? very likely ?? Effectivement, c'est très surprenant. Le problème, surtout, c'est que c'est basé sur un rapport d'une ONG, non-peer-review, qui lui-même se base, pour cette affirmation, sur.. un interview d'un scientifique indien par le New Scientist en 1999 ! (lequel scientifique dément d'ailleurs maintenant d'avoir jamais affirmé cela lors de l'interview... )... Bref - sur un sujet aussi sensible, aussi notoirement incertain (la dynamique de la fonte des glaces), faire une affirmation aussi visiblement fausse, en se basant sur une source non peer-review et extremement nébuleuse, c'est clairement une grosse boulette. Qui plus est, certains scientifiques affirment avoir repérer la boulette lors de la review du rapport (ce qui semble assez inévitable), l'avoir signalé - mais en vain...
Disons le clairement, c'est assez mauvais pour l'équipe responsable du rapport II et surtout de son chapitre 10. La mission du GIEC est de faire la synthèse de la litterature scientifique existante, et l'autorité de son rapport se base précisément sur le fait que son contenu soit uniquement basé sur de la littérature scientifique, ce qui notamment permet de faire la différence entre ce qui est scientifiquement etayé et ce qui ne l'est pas, particulièrement quand on le retrouve dans les médias ou dans le discours public. Donc le respect  des règles de citation est fondamental (que le rapport II ne soit "pas écrit par des climatologues, mais plutôt par des géographes, biologistes", agronomes, etc..., comme le dit S.Huet, n'y change strictement rien !). Le GIEC reconnait d'ailleurs son erreur, évidemment. A l'heure où la crédibilité du GIEC dans l'opinion publique est attaquée de toutes part, cette erreur tombe plutôt mal.

Maintenant, au-delà ce cet aspect "formel", il ne faut pas non plus tomber dans l'hypocrisie sceptique: il s'agit d'UNE erreur, cette affirmation de "2035" n'est clairement pas une affirmation centrale du GIEC (elle ne se retrouve pas dans le résumé intermédiaire en tête de chapitre, ni dans le résume pour politiques (dont le contenu, bien plus nuancé, comme l'indique S.Huet, est même incompatibles avec "2035"), et il ne me semble pas qu'elle ait été bien souvent  voire jamais, reprise dans les grands médias... Cette erreur ne signifie pas non plus, bien sûr, que les glaciers himalayens ne reculent pas (et que le réchauffement climatique n'existe pas, etc etc..) ... RealClimate indique ainsi cette présentation à la dernière AGU, qui fait le point sur le sujet - et qui, incidemment, constatait (avant toute cette affaire, puisque c'était en décembre dernier) que ce passage du rapport du GIEC est clairement faux (il semble donc que l'erreur en question était déjà connue de la communauté concernée, en fait).

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