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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 01:00

Il semble qu'on tombe de plus en plus souvent ces temps-ci, sur internet, sur l'argument du "les modèles du GIEC font l'hypothèse d'une humidité relative de l'atmosphère constante, afin d'avoir une rétroaction importante de la vapeur d'eau et prévoir un réchauffement catastrophique - or les observations montrent que c'est faux - donc le réchauffement c'est du bidon. CQFD".
Par exemple ici - sur l'excellent site Objectif Liberté (non non, les climato-sceptiques ne se rencontrent pas QUE chez les libéraux...), par un certain Mr Bélouve. [Incidemment, ce monsieur Bélouve a apparemment sorti un livre sur la 'grande arnaque climatique' (ou qqch dans le genre...), et donnait l'autre jour une conférence à l'Assemblée Nationale (!) pour l'Institut Turgot, conférence que je vous recommande chaudement, et à laquelle assistait... V.Courtillot - qui intervient d'ailleurs à la fin pour dire qu'il a trouvé tout ca "très intéressant", et que le consensus et patati et patata.... Booon... ca n'augure vraiment rien de bon pour les sources de Courtillot en matière de climat).]
Ou ici aussi.
Ou .

Qu'en penser ?
Rappelons que le feedback de la vapeur d'eau, c'est l'augmentation de contenu en vapeur d'eau de l'atmosphère suite à une élévation de sa T°: la vapeur d'eau étant un gaz à effet de serre, cela augmente d'autant le réchauffement - rétroaction positive. Les modèles de climat suggèrent qu'au cours d'un réchauffement global, cela se fasse de sorte que l'humidité relative (la quantité de vapeur contenue dans l'air par rapport au maximum que pourrait contenir cet air, à une t° donnée - ce maximum augmentant avec la T°) reste à peu près constante - et que l'humidité spécifique (le rapport entre la masse d'eau et la masse d'air humide (air + eau) d'une parcelle dair) augmente. D'où un effet de serre additionnel.
Rappelons aussi que pour un doublement du CO2, par exemple, l'élévation de T° globale due au seul CO2 serait de l'ordre de 1°C - les rétroactions du système climatique, parmi lesquelles celle de la vapeur d'eau, de l'albédo,... amplifiant la hausse jusqu'à 2°C au moins, et plus probablement 3°C (la sensibilité climatique étant estimée d'après l'IPCC à 2-4.5°C, avec une estimation centrale à 3°C). Parmi ces rétroactions, celle de la vapeur d'eau est la plus importante.

Il est important de noter, contrairement à ce qu'on lit souvent, que les modèles ne font pas a priori l'hypothèse de l'humidité relative constante. Ce n'est pas prescrit dans les modèles, il n'y a pas de ligne de code qui dise Rh = cste. C'est un comportement émergent du modèle, qu'on observe a posteriori.
Un feedback de la vapeur d'eau positif implique donc une augmentation globale de l'humidité spécifique. Détecte-ton cela dans les observations, lors du réchauffement récent ?

C'est là que les choses déviennent intéressantes. Revenons vers Mr.Belouve, qui nous dit "C’est facile à vérifier, puisque l’agence météorologique américaine NOAA, qui fait mondialement autorité, publie toutes sortes de statistiques et met à la disposition du public un outil en ligne permettant de tracer toutes sortes de graphiques. Pour connaître la quantité de vapeur d’eau incluse dans l’atmosphère, il suffit de tracer les courbes d’humidité spécifique. " Eh ben oui, yavéka, les scientifiques sont vraiment des grosses buses, ils n'ont pas pensé à vérifier, alors même qu'ils mettent les données en ligne eux mêmes !! Ralala.
Le problème - et Mr.Bélouve aurait pu s'interroger sur le fait qu'on dispose de mesures d'humidité atmosphérique depuis 1948 pour toutes les latitudes, longitudes et altitude, toutes les 6h... - c'est que ce sont, non pas des mesures d'humidité, mais des réanalyses climatiques (en l'occurence ici les réanalyses NCEP/NCAR) - idem pour les autres sites ci-dessus montrant des évolutions d'humidité atmosphérique négative.

Les réanalyses climatiques sont des simulations de modèle climatique couvrant le passé dans lesquelles on assimile au cours du temps toutes les observations disponibles, de différentes sources (radiosondes, avions, surface, satellites...). En d'autres termes, une sorte d'interpolation dynamique des observations. Il existe une réanalyse américaine (NCEP/NCAR), une européenne (ERA40), une japonaise (JRA) - avec plusieurs versions, selon les méthodes d'assimilation, etc...
Ce type de réanalyses sont évidemment largement utilisées en climatologie, souvent (par abus) comme "observations".  Néanmoins, la qualité de la représentation des différentes variables dépend bien entendu de la quantité/qualité d'observations disponibles, et des biais éventuels du modèle. Ainsi, dans ce papier de Kalnay et al. (1996) présentant la réanalyse NCEP/NCAR, trouve-t-on "The reanalysis gridded fields have been classified into four classes, depending on the relative influence of the observational data and the model on the gridded variable. An A indicates that the analysis variable is strongly influenced by observed data, and hence it is in the most reliable class (e.g., upper air temperature and wind). The designation B indicates that, although there are observational data that directly affect the value of the variable, the model also has a very strong influence on the analysis value (e.g., humidity, and surface temperature). The letter C indicates that there are no observations directly affecting the variable, so that it is derived solely from the model fields forced by the data assimilation to remain close to the atmosphere (e.g., clouds, precipitation, and surface fluxes)."

D'autres part, il faut aussi se méfier, au cours du temps, des changements dans la quantité/qualité des observations  (typiquement, passage aux satellites). Il est donc généralement conseillé d'utiliser avec prudence les réanalyses pour étudier les tendances climatiques à long-terme  (voir ici, , où encore - où, incidemment, les auteurs trouvent que la tendance de l'humidité spécifique dans ERA40, rénanalyse européenne, est ... trop positive). 
La baisse de l'humidité spécifique dans les réanalyses NCEP est connue depuis longtemps - voir Yang et al., Trenberth et al. En comparant notamment aux données satellites depuis 1988, Trenbert et al. concluent que les trends d'humidité (surtout au dessus des océans) ne sont pas réalistes.
L'utilisation de données satellites, certes sur une période plus courte, tend à montrer que l'humidité atmosphérique est en augmentation, quantitativement en accord avec ce qui était prévu par les modèles (Soden et al 2005, Santer et al, 2007 (open-acess) - voir ici pour la légende de cette figure:  ).

 

PNAS-wentz.jpeg

 

Globalement, les observations semblent pour l'instant être cohérentes avec l'intensité du feedback de la vapeur d'eau dans les modèles (Soden et al. 2002, Dessler et al., 2008).

Cette histoire d'humidité spécifique en baisse, d'après les réanalyses, a en fait effectué un certain retour à la faveur d'un article de Paltridge et al.(2009) qui revient sur le sujet, non pour soutenir que les données NCEP sont bonnes ( à regret, semble-t-il...), mais plus simplement qu'il faudrait élucider explicitement l'origine de ces trends artificiels. Il semble néanmoins que cet article ait popularisé un nouvel "argument" de plus dans la besace de certains de nos amis "sceptiques" (pardon, "négateurs", est le nouveau terme... ).

Ajoutons que, comme à chaque fois qu'on cherche à soutenir que tel ou tel feedback est plus faible que prévu, ou négatif, et que donc la sensibilité climatique est en fait très faible (i.e, pas besoin de s'inquiéter...), se pose le problème de la compatibilité avec les données paléo et observations, qui pointent aussi vers une sensiblité climatique autour de 3°C (e.g., Annan et Heargraves, 2006, Knutti et Hegerl 2008). Bien sûr, cela ne "verrouille" rien définitivement, mais il serait bon de voir les sceptiques faire parfois preuve d'un peu de cohérence dans leur "théorie".






 



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commentaires

miniTAX 19/01/2010 18:52


ICE : "C'est ce que dit Santer à McIntyre dans son mail, que vous citez vous-mêmes - sans comprendre, encore une fois (c'est terrible...). Ce qui n'était pas dans la base PCMDI, ce sont les séries
de "synthetic MSU temperatures" qu'il faut calculer à partir des modèles, pour pouvoir les comparer à celles observées par satellite (mais je ne sais pas si vous saisissez la subtilité...
**sigh**)."
--------------------------------------------------
OK, au temps pour moi, j'étais induit en erreur parce que vous parliez de calculs "à partir des modèles" (cf post à 12h40 et ci-dessus) au lieu de "à partir des résultats des modèles" (dans la base
PCMDI). Mais ça ne change rien à ce que j'ai dit à savoir que McInctyre ne pouvait pas reproduire les séries "dérivées" de Santer, surtout pas l'erreur de 10°C sur la série issue du CNRM.
L'argument du "démerdez vous à dériver mes séries, ça ne devrait poser aucune difficulté" (dixit Santer) est d'autant plus risible que c'était loin d'être si évident puisque Santer s'est lui-même
planté copieusement de 10°C en calculant la série du CNRM et ce sans qu'aucun de ses co-auteurs, relecteurs ou éditeur ne le remarque, du peer-review réchauffiste, quoi ! S'il y a bien un exemple
qui illustre l'utilité de divulguer données et méthodes pour faciliter la réplication par un tiers, c'est bien celui-là.


ICE : "ENfin, les simulations 20CEN de l'AR4 s'arrêtent bien en 2000 pour la plupart - qd vous voyez des simulations qui vont au-dela dans 'lAR4, par ex, c'est qu'on a 'rabouté' les simuls
"historiques" avec des projections (donc pour lesquelles les forcages sont prévus et non plus "connus"...), en général celles de scénario A1B - voir par exmepl figure 9.5 et sa légende, c'est
clairement dit"
--------------------------------------
Non, ce qui y est clairement dit, c'est qu'on a "rabouté" mais seulement pour les simulations qui ne vont pas jusqu'à 2005, ne retenez pas que ce qui vous arrange !
On voit clairement sur fig 9.5.a que les simulations vont jusqu'en 2005 (courbes jaunes) et c'est précisé qu'elles sont au nombre de 58. Il n'y a donc aucune justification à faire du cherry picking
avec la limite 2000, surtout quand ça réduit la durée de comparaison mesures-simulations d'un tiers (comme par hasard, les températures les plus récentes qui montrent une absence de réchauffement
sont écartées)! Quand on vous montre une manip douteuse et injustifiée, vous inventez à la volée un prétexte ad hoc, comme celui du "raboutage" comme si c'était en quoi que ce soit légitime
scientifiquement, juste pour faire de la rhétorique, c'est franchement pénible.


ICE : "Encore une fois, je ne vous entends pas vous indigner sur le fait que Douglass et al. 2007, le fameux papier censé mettre à terre le hoax du RCA, utilisent exactement les mêmes simulations
que Santer et al. 2008, et font leur analyse (fausse) sur la même période 1979-1999..."
------------------------------------
Je n'ai jamais dit que j'approuvais que Douglass arrête les données à 1999 ou que son papier est censé "mettre à terre le RCA" donc inutile de faire diversion avec de la rhétorique du strawman.
J'ai dit que Santer 2008, dans sa "réfutation" de Douglass avait délibérément tronqué les données avant 2000 qui autrement auraient fichu en l'air cette réfutation, comme l'avait montré McIntyre
(eh oui, encore lui). Et ça, on en a la confirmation formelle dans les emails du climategate où Santer, qui devait écrire une réponse à Douglass avait décidé de laisser tomber parce que les tests
stats qu'il a obtenus lui prouvent tort (relisez les emails 1212009927 et 1212026314 en entier, histoire qu'on ne m'accuse pas de faire des citation hors contexte) :
"I just wanted to let you know that I did not submit our paper to IJoC. After some discussions that I’ve had with Tom Wigley and Peter Thorne, I applied our mathematical tests … The results are
shown in the attached graph.
The worrying thing about the appended Figure is the behavior of one of the tests. This is the test which we thought Reviewers 1 and 2 were advocating. As you can see, the test produces unexpected
results. We do not wish to be accused by Douglass and coworkers of devising a test that is unfair."

On peut discuter plus longuement de Douglass si vous voulez, même si ce qu'a écrit Santer (en privé, bien sûr) ne laisse plus de doute sur qui a la science de son côté dans l'affaire. Mais c'est
déjà largement assez HS.


miniTAX 19/01/2010 14:44


Ah oui, j'ajoute aussi que l'argument du "les séries s'arrêtent en 2000" est d'autant plus hilarant que ce sont des séries simulées par les modèles utilisées par le GIEC et qui sont présentées dans
des graphiques de projection de températures pour jusqu'à 2100 voire 2200. Et le pauvre Santer qui en est réduit à utiliser en 2007 des simulations qui s'arrêtent en 2000 et donc à réduire la
période de comparaison observations-simulation d'un 1/3 ! Le pire, c'est qu'il a réussi à publier sa "science" dans un jounal en peer-review. Cherchez l'erreur...


ICE 19/01/2010 16:03


** sigh ** ...


miniTAX 19/01/2010 14:34


ICE : "Ben non - vous ne comprenez pas: ces simulations du programme PCMDI (issues d'une vingtaine de modèles) datent de 2004"
---------------------
Que "les simulations de Santer soient du PCMDI" est HS puisqu'elle n'y ont été publiées qu'après multiples de démarches pour obliger Santer à les divulguer. Et l'argument du "les simulations dans
le PCMDI s'arrêtent en 2000" est tout aussi fallacieux : l'AR4 utilisait déjà plein de simulations jusqu'à 2005, donc s'il voulait, Santer pouvait avoir des simulations bien plus à jour dans son
papier de ... 2007! En s'arrêtant à 2000, la période de validation qui vous fait dire qu'il "semble y avoir cohérence entre observations et modèles" est de tout juste 15 ans, bref c'est du vent,
surtout venant de ceux qui clament que l'absence de réchauffement depuis 1998 est sur une période trop courte pour être signifif.


ICE : "les sorties modèles sont accessibles sur PCMDI, les obs aussi, donc Mcintyre pourrait répéter l'analyse de Douglass, ou de Santer, 'from scratch') - mais des données 'dérivées'"
---------------------------------------
Ne soyez pas ridicule, les sorties des modèles **utilisées par Santer*** n'étaient accessibles sur PCMDI qu'après multiples litiges totalement inutiles à cause de la mauvaise foi de Santer.
McIntyre ne pouvait donc pas reproduire from scratch l'analyse de Santer, surtout pas l'erreur de 10°C sur la série du CNRM que vous veniez de confirmer vous-même.
D'ailleurs, Santer n'a pas répondu à McIntyre que les "sorties des modèles sont accesibles sur PCMDI" (puisqu'elles n'y étaient pas initialement), c'est vous qui avez sorti cette excuse
archi-fausse de votre chapeau. Il a dit que ceux qui veulent vérifier son papier n'ont qu'à recalculer les données à l'aide des modèles (cf sa réponse du 10/10/2008 : "you will also need to
calculate spatially-averaged temperature changes from the gridded model", notez aussi sa bonne volonté et son élégance dans la dernière phrase du mail !), ce qui en plus de démontrer sa
mesquinerie, montre qu'il ment délibérément si votre affirmation que les "séries utilisées par Santer viennent de simulations du PCMDI datant de 2004" était vraie.
Est ce si difficile pour vous de reconnaître des faits aussi simples? Vous en êtes réduit à défendre ceux qui font de l'obstruction aux données (publiques, qui plus est) et à la réplication, les
fondements mêmes de la science moderne, ça devient surréaliste ?!?

--------------------------------
Ben Santer à McIntyre (mail du 10/10/2008)
"Dear Mr. McIntyre,

I gather that your intent is to “audit” the findings of our recently-published paper in the International Journal of Climatology (IJoC). … You should have no problem in accessing exactly the same
model and observational data sets that we employed. You will need to do a little work in order to calculate synthetic Microwave Sounding Unit (MSU) temperatures from climate model atmospheric
temperature information. This should not pose any difficulties for you. Algorithms for calculating synthetic MSU temperatures have been published by ourselves and others in the peer-reviewed
literature. You will also need to calculate spatially-averaged temperature changes from the gridded model and observational data. Again, that should not be too taxing.

In summary, you have access to all the raw information that you require in order to determine whether the conclusions reached in our IJoC paper are sound or unsound. I see no reason why I should do
your work for you, and provide you with derived quantities (zonal means, synthetic MSU temperatures, etc.) which you can easily compute yourself.

I am copying this email to all co-authors of the 2008 Santer and coworkers IJoC paper, as well as to Professor Glenn McGregor at IJoC. I gather that you have appointed yourself as an independent
arbiter of the appropriate use of statistical tools in climate research.

Please do not communicate with me in the future."


ICE 19/01/2010 16:02


P...urée, minitax, même si très drôle c'est quand même fatiguant, visiblement vous ne comprenez rien à rien et en plus vous vous permettez de donner des leçons à tout le monde....Scrmmpfff ####
!
Bon, j'essaye une dernière fois:
Ce ne sont pas les "simulations de Santer", ce sont les simulations de modèles couplés océan-atmosphère forcés avec les les forcages historiques sur le XXè siècle, produites par les différents
groupes de modélisations à travers le monde à la demande de l'IPCC pour l'AR4, et stockées au PCMDI (Programm ofr climat model data Diagnosis and Intercomparison).
Les sorties de ces simulations sont EN ACCES PUBLIC sur le site du PCMDI depuis début 2005 environ. Voir:
http://www-pcmdi.llnl.gov/ipcc/about_ipcc.php
"With the consent of participating climate modelling groups, the WGCM has declared the CMIP3 multi-model dataset open and free for non-commercial purposes. After registering and agreeing to the "terms of use," ANYONE can now
obtain model output via the ESG data portal, ftp, or the OPeNDAP server. "
Voir ici pour les sorties-modèles disponibles:
http://www-pcmdi.llnl.gov/ipcc/standard_output.html
(au temps pour l'obstruction de données, hein...)

C'est ce que dit Santer à McIntyre dans son mail, que vous citez vous-mêmes - sans comprendre, encore une fois (c'est terrible...). Ce qui n'était pas dans la base PCMDI, ce sont les séries de
"synthetic MSU temperatures" qu'il faut calculer à partir des modèles, pour pouvoir les comparer à celles observées par satellite (mais je ne sais pas si vous saisissez la subtilité...
**sigh**). 
Ca Santer l'a fait, McIntyre lui demande le résultat, Santer lui dit que les sorties de modèles, de base ("raw information"), sont disponibles (au PCMDI par exemple, donc), les algorithmes de
calculs sont publics ou publiés, et que c'est à lui de le refaire.
Ce sont ces données "dérivées" que le LLNL a malgré tout mis sur le site du PCMDI (http://www-pcmdi.llnl.gov/projects/msu) et auxquelles McIntyre fait référence au début du post que vous citiez
plus haut (encore une fois, sans comprendre...)...

Bref minitax, faudrait voir à descendre d'un ton et vous renseigner un peu.

ENfin, les simulations 20CEN de l'AR4 s'arrêtent bien en 2000 pour la plupart - qd vous voyez des simulations qui vont au-dela dans 'lAR4, par ex, c'est qu'on a 'rabouté' les simuls
"historiques"  avec des projections (donc pour lesquelles les forcages sont prévus et non plus "connus"...), en général celles de scénario A1B - voir par exmepl figure 9.5 et sa légende, c'est
clairement dit.
Encore une fois, je ne vous entends pas vous indigner sur le fait que Douglass et al. 2007, le fameux papier censé mettre à terre le hoax du RCA, utilisent exactement les mêmes simulations que
Santer et al. 2008, et font leur analyse (fausse) sur la même période 1979-1999...




miniTAX 19/01/2010 11:06


"Chose qu'indique aussi le post de ClimateAudit que vous mettez en lien (1ere figure)... et que vous citez vous-même ("nombre de séries non représentatif après 2000") ..."
---------------------------------------
Et... c'est tout ?
Pour quelqu'un qui charge tant qu'il peut Courtillot de crime de cherry picking, non seulement vous ne voyez rien à dire à ce que Santer utilise des simulations s'arrêtant en 2000 (le papier est de
2007 !) mais en plus vous le citez pour illustrer la "cohérence entre modèles et observation". Deux poids deux mesures !

Et si je parlais de la réfutation de Douglass par Santer et al 2008, c'est parce que c'était la même farce santerienne pour clamer qu'il y a "cohérence entre modèles et observations" : non
divulgation de données et troncature (délibérée cette fois-ci) de données avant 2000.

Quant à votre citation de l'excuse de Santer pour ne pas publier ses données, c'est du grand n'importe quoi. La demande de McIntyre a été tout ce qu'il y a de plus raisonnable et ciblée et le temps
que Santer avait passé à comploter pour éviter son devoir élémentaire de transparence est bien plus qu'il ne faudrait à un scientifique digne de ce nom pour archiver proprement sur PCMDI ses
données. D'ailleurs, les données avaient été finalement archivées et il n'a pas fallu à McIntyre plus de 2 jours pour trouver le bug dont j'ai parlé plus haut, sans besoin du "code Fortran et des
explications supplémentaires" (dixit Santer). Dans le cas de Santer et al 2008, c'était pire : si les données avaient été cachées, c'est parce que Santer savait très bien qu'il avait délibérément
tronqué les données après 2000 pour soutenir son hypothèse H2, ce que McIntyre n'avait pas manqué de découvrir.

Le strawman de Santer (d'être obligé de "passer toute sa carrière à répondre aux sceptiques") est d'autant plus pathétique que lui-même, ne voit aucun problème à consacrer son temps à l'activisme
réchauffiste dans des shows de propagande débile comme Santer dans the Power of Poop :http://www.youtube.com/watch?v=x7zMQII8qOo
Cet argument de la clique du Climategate typique du prêt à penser colporté par Realclimate, martelé sans un début de trace de preuve évidemment et même repris dans un éditorial de Nature qui allait
jusqu'à employer le terme de négationnistes pour traiter les sceptiques, est proprement ahurissant. D'un parce que c'est tout simplement faux, on peut le voir dans la liste des demandes de FOIA du
LLNL ou du CRU. Et de deux, répondre aux demandes de FOIA est un devoir pour un fonctionnaire payé par l'argent du contribuable, point, celui-ci n'a pas à décréter qui y a droit ou pas avec des
arguties à 2 balles.
S'il ne veut pas publier ses données, il y a parfaitement droit : il lui suffit de ne pas publier ses articles. C'est ce que font des centaines de milliers de chercheurs du public ou du privé qui
trouvent des résultats mais qui pour des raisons stratégiques ou commerciales ne les divulguent pas.

Et au cas où vous entreteniez encore l'illusion que les emails du climategate seraient privés et piratés, je vous signale qu'ils n'ont rien de privé et que les emails du GISS de la même teneur
viennent d'être divulgués par la procédure de FOIA : http://wattsupwiththat.com/2010/01/18/searchable-pdf-created-for-nasa-giss-foia-documents/
Pour un chercheur public, il y a des droits et des devoirs, dont celui de transparence, qui passe notamment par le respect la procédure de FOIA (du moins dans les pays anglo-saxons), ce qui a été
loin du cas de la clique du climategate.


ICE 19/01/2010 12:40


"Et... c'est tout ?"
ben oui.
"vous ne voyez rien à dire à ce que Santer utilise des simulations s'arrêtant en 2000 (le papier est de 2007 !)"
Ben non - vous ne comprenez pas: ces simulations du programme PCMDI (issues d'une vingtaine de modèles) datent de 2004, avec l'historique des différents forcages, appremment, jusqu'en 2000. Donc il
n'y a pas de base données de l'ensemble des modèles couplés, avec des simuls 'historiques', plus uptodate (il y a aura bientôt celles de l'AR5). Je vous ferais remarquer (et j'espère que votre
indignation sera similaire) que Douglass et al., qui date de 2007, utilisent aussi ces modèles jusqu'en...99 ( et pour cause):
"We calculate trends at 13 altitude levels between the surface and the tropopause for each of the models, for the period 1979–1999, the last year considered in many of the models."
Ok?

POur le reste (FOIA etc), chacun jugera - ca me fatigue à l'avance de discuter de ca avec vous, minitax. Je noterais juste qu'il ne s'agit pas simplement de données 'brutes' (les sorties modèles
sont accessibles sur PCMDI, les obs aussi, donc Mcintyre pourrait répéter l'analyse de Douglass, ou de Santer, 'from scratch') - mais des données 'dérivées' (par exemple les trends troposphériques
calculées à partir des modèles).


zizou 18/01/2010 15:20


Hollydays
vous parlez de confusions; je pense que la plus grosse, c'est vous qui la faites; c'est de confondre RC et RCA