C'était cette semaine
l'EGU, à Vienne, qui rassemblait cette année quelques 9000 Scientifiques de la Terre (au sens large: climat,
géologie...)... L'occasion pour eux de profiter des
wienerschnitzels et de la weissbier (une dernière fois
peut-être, car l'an prochain la conférence devrait être à Paris, avant de descendre à Lyon ou Barcelone, selon la rumeur...), et acessoirement de présenter/écouter un peu de science. On note que
James Annan indique sur son
blog y sentir cette année quelques relents de scepticisme climatique (une histoire de médaille
d'honneur au
controversé Eigil "cosmic rays" Friis-Christensen - une sorte de Vincent Courtillot danois, peut-être -, de
student course donné par
Exxon, etc...)... .
L'article dit en substance que les écosystèmes chinois ont absorbé, entre 1980 et 2000, environ 1/3 des émissions de CO2 de la Chine. Les auteurs (une colaboration sino-européenne, avec le
LSCE) arrivent à cette conclusion par 3 methodes séparées, qui, c'est le point fort de l'article, convergent à peu près: mesures de biomasses au sol (extrapolées ensuite par satellite), inversion
de mesures de CO2 atmosphériques, modélisation. La part importante de ce puits se situe dans les forêts du Sud du pays.
C'est un résultat important bien sûr, dans la mesure où la distribution régionale des bilans source/puits de CO2 des écosytèmes continentaux n'est pas encore bien cernée: on sait globalement que
la biosphère est un puits de carbone (environ 25% des émissions anthropiques absorbées), mais pas encore précisément où sont vraiment les différentes composantes du puits...
Mais l'agitation autour de ca vient surtout, selon
Nature, de ce que ce genre de donnée pourra être utilisée par la Chine lors des négociations climatiques de Copenhague fin 2009, qui
doivent donner une suite au protocole de Kyoto. On comprend bien, en effet, la portée symbolique de l'affaire: ok, nous Chinois, avons beaucoup émis de CO2, mais dans le même tenps absorbé plus
que "notre part" (33%>25%). En même temps, si j'en crois ce qu'on me dit dans l'oreillette sur la comptabilisation des puits carbone dans Kyoto et cie, on ne s'y réfère pas tellement à ce
genre de publication: on s'appuie plutôt sur les inventaires forestiers nationaux (en France,
l'IFN, par exemple), et à ce petit jeu là les Chinois, comme
chacun, font bien leur compte, et calculent déjà ce qu'ils vont éventuellement pouvoir comptabiliser, notamment avec leurs programmes de reboisement.