Parmi les arguments les plus mauvais des sceptiques du réchauffement climatique, celui qui revient peut-être avec le plus d'obstination et de mauvaise foi est: "
de toute façon, le réchauffement
s'est arrêté en 98, depuis, la t° n'a pas augmenté, alors que le CO2 a continué à augmenter - donc, t'es boulé-glandé, le réchauffement, c'est un hoax".
Evidemment, tout a été dit là-dessus, sur la variabilité climatique, sur l'erreur (volontaire) qui consiste à considérer de courtes périodes pour évaluer le changement climatique, qui plus est en
partant d'anomalies chaudes exceptionnelles (98), etc... La blogosphère regorge donc littéralement de discussions/corrections à ce sujet - d'où ce post, en fait: dans un
papier de Geophysical Research Letters à paraître prochainement, Easterling & Wehner reprenne cette histoire de
réchauffement-qui-s'est-arrêté-en-98 pour montrer que 1°) à ce compte-là, le réchauffement s'est déjà arreté un certain nombre fois dans le siècle passé, 2°) dans les projections des modèles pour
le siècle à venir également, des périodes de refroidissement existent au cours d'un réchauffement progressif...
Autrement dit, le réchauffement n'est pas strictement monotone - au cas où vous le croyiez... (voir
ici
pour un résumé (US)).
Le truc, c'est que tout ca a donc déjà été dit en long en large, par exemple sur RealClimate,
ici et
ici. Ce papier de Easterling & Wehner n'apporte pas grand chose de plus, et semble
avoir, pour tout dire, une vocation presque pédagogique: dans l'introduction, les papier qu'ils citent - comme ceux qu'on cite classiquement pour introduire son sujet et montrer ce qu'on va
reprendre-réfuter-surpasser-etc - ne sont pas Rox&Rouky 2004 et Bernard&Bianca 2005 mais... les "
blogs and websites" qui "
claim [that] the planet has been cooling since 1998
(e.g. Investor's Business Daily 2008)". Cet article inspire donc une impression un peu étrange, comme si qqpart ses auteurs parlaient dans le vide (ou préchaient à des convertis) ... mais,
c'est un exemple (original?) intéressant de science qui remonte le courant, d'une "controverse" issue de la blogosphère à l'académique - quand le trajet se fait en général dans l'autre sens.
A savoir est-ce que ces derniers produisent une variabilité à partir des équations de base de la thermo et de la mécanique appliquées au système terrestre ou est-ce qu'il y a superposition d'un signal variable basé sur la statistique des observations?
Ou est-ce un mix?
Est-ce que tu sais ça?
Une question peut-être intéressante serait de regarder si les modèles qui ont la plus grande variabilité "naturelle", non forcée, sont aussi ceux qui ont la plus forte sensibilité climatique - c'est pas dit, vu que c'est pas forcéement les mêmes processus à des échelles différentes, mais a priori pourquoi pas.
quelles sont les causes de cette variabilité à l'échelle globale ?
En ce qui concerne la tendance lourde globale, je comprends bien qu'un effet cumulatif puisse être à l'oeuvre.
En ce qui concerne la variabilité locale, j'arrive également à bien me l'expliquer, compte tenu de mon ressenti du comportement d'un système dynamique.
Mais au niveau global, cette variabilité me pose question. Le niveau de radiation solaire recue et le niveau de radiation réemise (dont la différence refleterait la variation d'energie globale du système terre) ne sont-ils pas si constant que ca, d'une année sur l'autre ? est ce que cette variabilité globale se callerait sur des cycles solaires quelconques ? est ce que cette variabilité globale emerge naturellement de la variabilité locale ?
je pense à ca un peu à la manière d'une casserole sur le feu. si on la fait chauffer 10 fois de suite sur la même plaque à la même puissance, elle se mettra à bouillir tout le temps au même moment, et la courbe de montée en température (globale de la casserole) sera la même dans les 10 cas, même si pour un point donné dans la casserole, compte tenu du caractère aléatoire de la convection, les 10 montées en température ne seront pas exactement les mêmes.
Où est ce que je me trompe dans l'analogie ?
Merci (et à demain :-) )
Voici la meme chose, mais en Allemand. J'ai regarder la variabilité decenale dans les simulations IPCC de MPI. Jusqu'aux annees 2030/50 il y a des decades avec des gradients negatifs, meme dans le scenario A2.
http://www.scienceblogs.de/primaklima/2008/07/die-mar-von-der-beendeten-erwarmung-und-den-modellen-die-etwas-vorhersagen.php
Amities et merci pour le blog
Georg
Bonjour Georg - merci de passer par ici.
En effet, l'ordre des choses fait qu'un papier a toujours plus de "poids" qu'un blog... même si le contenu est le même ! accessoirement ca veut aussi dire que toi ou gavin schmidt pourrait parfois faire des GRL avec des posts de blog...
j'aimerais pouvoir lire ton blog davantage, mais mon allemand est malheureusement un peu trop rudimentaire pour cela '_'
Le système climatique est nettement plus complexe que la casserole d'eau. En particulier parce qu'il y a plusieures composantes ayant des inerties différentes en particulier l'atmosphère, l'océan et les surfaces continentales. Or même sans forçage externe un système dynamique ayant plusieurs composantes peut avoir une variabilité interne globale qui peut même être cahotique (donc non prédictible à long terme). Il y a des exemples de modèles très simples à 2 équations et 2 variables d'états qui conduisent à de tels systèmes cahotiques....
Ensuite du fait que l'atmosphère est un tout un phénomène même localisé peut induire des changements globaux. Il y a des oscillations climatiques qui sont bien connues, Le plus important est le cycle El nino/la nina qui est lié à une interaction entre l'océan pacifique et l'atmosphère. Bien que ce soit un phénomène essentiellement tropical il induit un changement global et, du moins, sa signature est suffisement forte pour induire un changement des paramètres globaux... Il y a d'autres oscillation comme l'oscillation nord atlantique etc... Bref en l'absence de toute variation du forçage externe le climat a en effet une variabilité interne importante visible sur les paramètres globaux comme la température. Ensuite bien sur il y a une variation du forcage externe qui joue. Sur les grande échelle de temps celui du soleil est primordial. Sur des échélles plus courtes il a probablement un rôle mais plus difficile à mettre en evidence car faible au regard justement de la variabilité interne du système...
Voilà j'espère que ça répond à vos interrogations...
Les changements climatiques sont devenus un enjeux dès plus important. L'augmentation de la température moyenne peut avoir beaucoup d'impact.
Je vous invite à regarder le vidéo suivant portant sur les changements climatiques. Il nous incite à signer la pétition qui est faite par Oxfam GB concernant l'un des rassemblement politiques les plus importants dans le cours de l'humanité : http://www.youtube.com/watch?v=knp5Fwx-Yos