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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 10:04

Un nouveau concept est né... dans la série des idées toujours un peu loufoques du géo-engineering (le fait que l'homme refroidisse délibéremment la Terre, par des modifications de l'environnement, afin de contrer le réchauffement climatique) qui parviennent à se faire publier, on avait déjà eu il y a peu le "urban albedo geo-engineering" - ou comment repeindre les maisons en blancs pour augmenter l'albédo des zones urbaines... Voici maintenant le "leaf albdo g.e.", ou comment refroidir la Terre en cultivant des plantes qui réfléchissent davantage le rayonnement solaire...
Les auteurs pointent tout d'abord vers quelques papiers indiquant en effet des différences d'albédo entre variétés d'orge ou de maïs, du fait de diffrences de brillance des feuilles (liée à la présence de cire) ou d'architecture de canopée... Bon, la littérature sur le sujet n'a pas l'air très fournie... ils en retiennent une valeur valeur moyenne d'augmentation d'albédo supposée "réaliste" si l'Homme faisait l'effort de sélectionner et cultiver des variétés plus "réfléchissantes"... -puis, tout simplement, ils forcent un modèle de climat global (celui du Hadley Center) avec cette augmentation d'albédo appliquée à toute la surface agricole mondiale.... que voici.

Moralité: les zones agricoles tempérées sont refroidies, par rapport au contrôle, d'environ 1°C (en été):



Les auteurs en concluent grosso modo que régionalement, ca peut être efficace (bien que négligeable au niveau global) d'autant plus que par rapport à d'autres méthodes de géo-engineering c'est cheap et "facilement " implémentable...
Convaincus ?
Bon, de toutes façons, même si on l'était, le problème avec ces solutions de "manipulation du climat" c'est qu'elles paraissent, quoiqu'il en soit, toujours vaguement irréaliste...: on ne va pas réellement balancer du souffre dans l'atmosphère pour augmenter les aérosols sulfatés et réfléchir le rayonnement solaire, on ne va pas réellement balancer des tonnes de fer dans l'océan pour pomper le CO2, on ne va pas réellement peindre les villes ou que sais-je d'autre en blanc... et on ne va pas réellement  chambouler le système alimentaire mondiale pour culiver des variétés à l'albédo plus élévé...
Bref, ca ressemble toujours un peu à un simple jeu intellectuel... - cela étant, on peut toujours essayer d'avoir un oeil critique sur le papier:
- l'orge et le maïs c'est pas mal, mais l'augmentation d'albédo est-elle vraiment transposable, comme implictement fait ici, aux autres espèces (riz, blé, soja...), et 'facilement" comme le disent les auteurs ?
- quid du rendement de variétés plus "réfléchissantes" ? on peut légitimement penser que moins de rayonnement absorbé c'est moins de photosynhèse... les auteurs mentionnent ce point, citant un papier qui indique l'absence de lien alébdo/rendement pour les variétés d'orge - mais ca mérierait la aussi d'être mieux défendu, vu le caractère sensible de la question, surtout pour les régions où le rayonnement net disponible peut être un facteur limitant de la production.... les auteurs s'en tirent en plaidant de toutes façons pour la création de variétés dont l'albédo serait plus élevé uniquement en dehors du PAR (rayonnement photosynthetically actif).
- bon, un autre problème gênant c'est qu'il n'y a pas de plantes agricoles dans la composante végétation du modèle climatique du Hadley, hé hé... elles sont approximées par des herbacées annuelles... dont la phénologie n'est pas exactement la même (le cycle est plus long). L'effet net réel serait donc probablement plus faible que celui présenté ici - ce que reconnaissent les auteurs.


Voilà pour l'essentiel je pense... mais si vous avez des idées, allez-y... Prochainement je pense: que se passerait-il si nous portions tous de grands sombreros blancs et qu'on remplacait toutes les vaches noires par des vaches blanches ?


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Araucan 21/01/2009 22:49

Et comme l'épaisseur de la cuticule ou sa composition peut être une réponse à un stress climatique ou hydrique, il faut bien vérifier que l'expression du caractère épaisseur de la cire ( ou composition) est suffisamment stable dans la zone d'utilisation de la variété...

Araucan 20/01/2009 22:38

NB : implémentable : mis en oeuvre , ou aisé à faire...

Sinon vos remarques sont sensées : on est juste face à un article qui rebondit sur le thème du changement climatique et qui fait l'objet d'une reprise par les médias à cause de cela.

Aisé à mettre en oeuvre : oui une fois que l'on a obtenu les variétés adéquates (ou payé les agriculteurs s'il y a une perte de rendement), ce qui suppose que le caractère "réfléchissant" est sous déterminisme génétique, ce que votre article ne dit pas. Il ne dit pas non plus s'il y a un effet du climat ou du sol sur ce caractère (tous effets pris en compte dans les tests de variétés pour l'expression des caractères d'intérêt).

ICE 21/01/2009 12:27


"ce qui suppose que le caractère "réfléchissant" est sous déterminisme génétique. Ce que votre article ne dit pas. Il ne dit pas non plus s'il y a un effet du climat ou du sol sur ce caractère
(tous effets pris en compte dans les tests de variétés pour l'expression des caractères d'intérêt)."

hmmm...  je pense bien que c'est sous contrôle génétique pour les exemples cités, vu que ce sont différentes variétés d'orge qui ont différents niveaux de présence de cire sur leur
feuille, et donc d'albédo. Après, l'effet du climat ou du sol là-dessus, effectivement, personne n'en sait rien, visiblement...


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