Dimanche 7 décembre 2008
- Par ICE

Bon, je sais bien que là on s'écarte un peu - beaucoup - de la Science, mais enfin le problème du changement climatique est finalement assez souvent invoqué par les partisans de la décroissance, comme notamment une des justifications de leur projet, pour qu'on puisse avoir un mot à dire sur ce qu'ils disent en son nom.
En fait, j'ai acheté hier, pour la deuxième fois, le mensuel la Décroissance - et pour la deuxième fois il m'a sacrément énervé. C'est surtout là-dessus que je réagis, même si peut-être (sans doute) ce journal ne représente pas, évidemment, tout le courant de pensée décroissant.
 
Tout d'abord - principalement, en fait - le ton du journal, très "sale gosse persuadé de détenir la vérité et qui crache sur tout le monde", qualifiant systématiquement par exemple Le Monde de "tract néo-libéral", ou Libé de "journal d'Edmond de Rotschild". Ils justifient plus ou moins ce mépris par le mépris dont ils sont eux-mêmes victimes en tant que décroissants : c'est vrai, certes, mais du coup cela ne les grandit pas. Ce ton donne un aspect très communautaire au journal, un côté "nous contre eux" qui a sans doute pour effet (but?) de souder, comme souvent, le lectorat dans un sentiment d'appartenance ? Le fait est que l'absence de toute remise en question, ou même d'humilité - même quand on prétend détenir la vérité sur le chemin que doit suivre l'humanité -  ne parait pas au niveau, justement, de la hauteur de vue et du recul sur la société dont ils se réclament. Symptomatique, à cet égard, est leur façon de traiter souvent les objections qu'ils rapportent eux-mêmes à leur encontre simplement par l'ironie et le sarcasme, du style "non, vraiment, on ne voit pas.. "

Et cela, pour s'intéresser maintenant un peu plus au fond, même quand les objections sont un minimum intéressantes, comme par exemple Pierre-Antoine Delhommais dans une chronique récente du Monde, écrivant
 "Décroissance, justement. Le rêve de quelques-uns est donc en train de devenir réalite. Elle se révèle un peu moins bienheureuse et réjouissante que promise.[...] Les riches détruisent peut-être la planète, mais celle-ci semble quand même mieux se porter - et encore plus ses habitants - quand l'économie crée des richesses. Les décroissants vont devoir trouver des arguments de vente très ingénieux pour convaincre les opinions publiques de la pertinence de leur idées et du bien-fondé de leur projet. Ils pourraient ainsi faire partie des grands perdants de la crise".
Voilà qui semble au moins mériter une réponse étayée, ne serait-ce que pour expliquer comment une décroissance choisie pourrait se distinguer d'une récession subie ... mais non - juste deux lignes. Idem quand ils rapportent les propos d'Anne-marie Teyssèdre (dans Le Monde encore), qui elle-même rapporte un article de l'économiste Blake Alcott:
"En effet, le comportement frugal d’une fraction de la population aisée se traduit au plan économique par une diminution de la demande qui, selon les lois du marché, doit se solder par une baisse des prix qui profitera à d’autres personnes au pouvoir d’achat comparable ou un peu moindre… et par rebonds rétablira le niveau de consommation globale. « Si l’on peut soutenir qu’au plan purement personnel consommer moins est un bon choix, l’effet [d’un tel comportement individuel] sur l’environnement est en revanche très faible ou inexistant – particulièrement face à l’urgence de réduire la consommation mondiale de pétrole », précise M. Ascott ".
Le reste de l'article est ici - et plutôt intéressant, plaidant pour une approche réglémentariste et financière de la part des Etats. Idem, on pourrait penser qu'une réponse argumentée serait bienvenue ici - mais non, juste une pirouette ironique. Rien non plus quand un courrier des lecteurs leur demande comment ils envisagent la question du chômage avec la décroisance, et les transferts d'emplois entre les différents secteurs appelés à disparaître ou se renforcer dans un tel contexte...

Bref, de façon générale, le journal se contente de faire de l'ironie, supposée mordante, sur le green-washing et les éco-tartuffes (avec leur bête noire YAB - Yann-Arthus Bertrand - Nicolas hulot, le pdg de Nature-Environnement F.Lemarchand, et globalement toute la sphère du "développement durable"...) , sur l'incohérence des discours politiques, et, plus généralement, d'une société de consommation qui veut se soucier d'environnement tout en courant après la croissance - il y a de quoi faire, certes, et avec raison, mais au final c'est un peu trop facile et cela ne fait pas beaucoup avancer les choses. Et quand il fait l'éloge des "décroissants" qui choisissent la simplicité volontaire et le refus de la société de consommation, comme par exemple à travers cet interview-portrait d'un jeune couple trentenaire près de Lille, tout deux au RMI, cultivant un potager, associatifs, anti-pubs, etc... - on sent soudain toute la sympathie un peu facile du journal et, tout d'un coup, le manque de cet esprit critique appliqué si abondamment aux écologistes et autres ONG dans les pages précédentes..: en particulier, que se passe-t-il si d'un coup toute la population adopte ce type de "simplicité volontaire" (et tiens, que deviens le RMI ?)  ? comment la frugalité se généralise-t-elle à toute la société, comment gérer une telle transition ? ce type de comportement ne serait-il finalement possible que s'il reste minoritaire au sein d'une société par ailleurs "croissanciste" ? Quid en termes d'effet global, comme B.Alcott pose la question ?

Ainsi, s'il est rappelé régulièrement, j'ai l'impression, dans les discours décroissants, l'intuitive impossibilité d'une croissance indéfinie dans un monde aux ressources finies, y compris l'impossibilité de découpler réellement la croissance économique de la croissance des flux de matières et d'énergie (encore que, ce dernier point me semble nécessiter une démonstration un peu plus poussée qu'une simple intuition - voir par exemple l'article de Jancovici que je mettais en lien dans le premier post de ce blog), il reste que la possibilité "réelle" d'une société décroissante faisant suite à notre société de consommation occidentale, en termes d'organisation, de fonctionnement, n'est pas démontrée non plus - et même, ne semble pas vraiment être étudiée. Il semble pourtant quil y ait en effet urgence à réfléchir l'économie et la société en dehors, d'une façon ou d'une autre, du cadre de la croissance économique pure telle qu'elle est définie actuellement. Je trouve donc dommage que la rare presse décroissante, surtout quand elle veut "faire progresser une cause minoritaire" (mais encore une fois, ce n'est qu'un parmi quelques journaux, il y a peut-être mieux - cela dit ce que je lis par-ci par-là me semble du même acabit ) se cantonne à la critique radicale anti-système, agréable mais facile, sans faire effort de proposition et surtout de "réalisme".  Notamment parce qu'a priori peu de monde le fera à leur place.

Si un décroissant convaincu passe par ici et peut m'indiquer des lectures démentant complètement les éléments présentés ici, je suis bien évidemment preneur...
 

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Commentaires

Tu as en quelque sorte résumé l'opinion que se font nombre de scientifiques, dont moi, sur le problème de la décroissance. Si l'hypothèse de base (relative à la finitude des ressources terrestres) est pleinement défendable, il est malheureusement rare de voir les décroissants eux-même en explorer les principales conséquences. Heureusement, en parallèle au point de vue moralisateur et dogmatique véhiculé par le journal "la décroissance", il existe des discussions argumentées sur le sujet, dont la revue "entropia" me semble être un bon exemple : http://www.editions-parangon.com/f/index.php?sp=liv&livre_id=48 Je suis par ailleurs tout autant que toi agacé par le ton ironique et cinglant de la plupart des discours décroissants, qui s'inscrivent malheureusement dans la continuité de beaucoup de discours écologiques "classiques", c-a-d basés sur des assertions manquant très souvent d'arguments sérieux et de résultats scientifiques pour les étayer.
Commentaire n°1 posté par gruick le 08/12/2008 à 08h47
bonjour,
merci pour ton commentaire, et pour le lien vers cette revue - il me semble en effet l'avoir deja apercue sur certains étals de librairie. J'essaierais d'y jeter un coup d'oeil.
Réponse de ICE le 08/12/2008 à 11h26
Je vous rejoins entièrement sur les arguments de la plupart des « discours décroissants », que je trouve tout aussi frustrants que vous (pour les mêmes raisons). Cependant, il peut être intéressant de revenir à ce qui, je crois, est à l’origine de la plupart de ces « discours décroissants » : en l’occurrence, il me semble que c’est le travail du Club de Rome. Ce travail de recherche, sérieux et argumenté, date de 1972 : il essaie d’avoir une idée assez précise de ce à quoi peut mener une société mondiale qui ne cesse de croître, sur le plan économique et de la population (J-M. Jancovici a, sur son site, une excellente page sur le sujet, que je recommande : http://www.manicore.com/documentation/club_rome.html ). A sa sortie, ce livre « The Limits to Growth » avait fait scandale, y compris en France, où il avait été traduit sous le titre plus provocateur, mais malheureux, de « Halte à la croissance ? » (et les détracteurs de ce livre eurent vite fait de changer, de leur propre initiative, le point d’interrogation en un point d’exclamation). Je précise que les auteurs de ce travail de recherche ne prônent pas la décroissance ; ils ne font que poser un diagnostic sur la société actuelle et l’un des principaux objectifs de son système économique (celui d’une croissance économique et matérielle perpétuelle). Ces chercheurs n’ont pas arrêté de travailler sur le sujet après la parution de ce livre, bien au contraire. Ainsi ont-il fait paraître deux révisions de leur livre, l’une 20 ans plus tard, en 1992 (« Beyond the Limits »), et l’autre en 2004 (« The Limits to Growth: the 30-year update »), pour rassembler des données plus récentes sur l’environnement, et aussi rendre de compte d’évolutions mineures de leur modèle informatique, sur lequel les conclusions de leur livre se fondent. Ces deux révisions ne sont, à ce jour, pas parus en France. Mais la 3ème révision du livre est disponible chez Amazon.com, et je suis justement en train de la traduire de l’anglais, espérant que le débat puisse profiter d’arguments solides sur le sujet (reste encore à trouver un éditeur qui soit intéressé, ce qui n’est pas encore fait ; mais je n’en suis qu’au tout début de mes recherches).
Commentaire n°2 posté par HollyDays le 09/12/2008 à 16h38
Bonjour,
merci pour votre commentaire. Je n'ai pas lu, personnellement, le rapport du Club de Rome (parait-il dur à trouver) mais seulement, en effet, le résumé - édifiant - qu'en fait Jancovici sur son site.
Il serait en effet très intéressant, comme dit JMJ, de voir ce que pourraient donner ces travaux avec les moyens (informatiques, notamment) actuels. J'ignorais qu'il y avait eu des rééditions et updates significatifs - bon courage pour la traduction, alors, c'est une bonne idée, et l'édition.
Quelque part, il me semble, ce à quoi tend la communauté des sciences de l'environnement et du climat, avec notamment la mise en place de Earth System Model où la composante humaine (couplage avec l'économie, l'usage de sols etc...) se développe, c'est un peu - même de loin - le même genre de travail.
Réponse de ICE le 10/12/2008 à 11h04
Qu'a t on reproché surtout au Club de Rome? De jouer les Cassandre? Cassandre avait raison! Ceci dit, je partage, moi aussi l'énervement de ICE à la lecture (bel effort!) de ce genre de presse. Mais aussi, quelle solution réaliste, réalisable et efficace proposer? Le mode de vie prôné par ces gens est peut être, en effet, le seul viable à long terme pour cette planète (en réglant quand même le pb de la dépendance au RMI ! parce que ça, c'est purement et simplement de l'exploitation) Le pb est celui de la transition. Il est sans doute plus simple de se fermer les yeux sur cette période qui sera forcément difficile, très difficile. pourquoi essayer de mettre en avant le développement durable? Pas spécialement parce que c'est un concept réaliste mais parce que c'est une manière positive de faire face à la pénurie à venir et aux pbs environnementaux et ainsi de diminuer (un peu?) les risques de conflits.
Commentaire n°3 posté par sirius le 09/12/2008 à 18h30
Sirius, je crains malheureusement que ce que proposent ces gens ne soit qu’à l’image de la richesse de leur argumentation et de leur réflexion sur le sujet : un fin vernis, là où il faudrait travailler en profondeur. Leurs idées pourraient paraître frappées du bon sens, sauf qu’il s’agit de décisions purement individuelles ; et souvent, une décision individuelle ou d’un petit groupe à contre-courant de la société n’a pas d’effet pour la société toute entière, voire est contre-productive (en gros, c’est ce à quoi fait référence Blake Alcott dans ce qu’en rapporte ICE), et de plus, cette décision est rarement généralisable à la majorité de la société, sauf à provoquer des dégâts pires que ce que l’on voulait éviter. Bref, il vaut sans doute se tourner vers des gens qui ont quelques notions sérieuses d’économie, et qui ont essayé sérieusement de réfléchir à la question de la transition économique vers une société durable. Évidemment, ce n’est pas rose, les décisions à prendre ne sont pas faciles, mais surtout, elles ne sont pas *simplistes*. Et il se trouve que les chercheurs du club de Rome (Dennis Meadows, Jorgen Randers et Donella Meadows) ont, précisément, pas mal travaillé sur la question. Notamment en évaluant l’effet à long terme d’un certain nombre de recettes ou idées qui nous viennent naturellement à l’esprit, étant donnés notre manière de penser actuelle, et le système économique qui a forgé cette manière de penser (le système économique actuel).
Commentaire n°4 posté par HollyDays le 09/12/2008 à 22h09
@ 3 et 4

je crois qu'on est tous +/- d'accord: théoriquement, une société humaine durable serait une société à l'équilibre avec son environnement, donc démographiquement plutot stable et avec une empreinte totale sur l'environnement dans les limites du "renouvelable" - pour cela ce que prone les décroissants (en gros, une "simplicité heureuse") parait frappé au coin du bon sens. Mais évidemment, cela ne dit rien de comment on doit gérer la situation actuelle pour parvenir à cet équilibre.
Et notamment, à cela certains objecteront qu'ils faut plutôt raisonner en dynamique (dans un monde qui se développe, la pop. mondiale va probablement passer pas un maximum puis diminuer, l'"intensité environnementale de l'économie" peut évoluer, etc...).
Je suis assez d'accord avec Sirius que le concept de "développement durable" (dans son acception la plus rigoureuse, néanmoins, en la dépouillant du "greenwashing" dont l'habille nombre d'individus intéressés) peut déjà être utile, en termes de transition - et permettre des grandes orientations telles qu'en proposent ceux qui, comme dit Hollydays, ont "essayé sérieusement de réfléchir à la question de la transition économique vers une société durable"  (en gros par exemple, si j'ai bien compris, payer davantage l'énergie, internaliser les coûts environnementaux, s'orienter vers l'agroécologie, etc...)
Réponse de ICE le 10/12/2008 à 11h30
Pour une autre réflexion sur le "comment" de la décroissance, voir aussi http://yannickrumpala.wordpress.com/2008/09/01/questions-sur-la-decroissance/
Commentaire n°5 posté par - - le 12/12/2008 à 17h19
Quelques commentaires complémentaires et superflus sur la décroissance, même si je suis d'accord avec ce qui a été dit auparavant : Je ne suis pas sur que la question climatique, et même la question environnementale soit finalement centrale dans la réflexion sur la décroissance. Il me semble que la décroissance est avant tout un mouvement qui vise à une transformation des modes de vie. Plusieurs arguments justifient cette transformation, parmi lesquels l'argument environnemental est important mais pas unique. Dans le discours "décroissant", la question environnementale s'efface progressivement derrière le discours critique sur le mode de vie de notre société capitaliste et productiviste. La décroissance est un mouvement assez hétérogène, comme tout "mouvement" qui se respecte. Si les travaux du club de Rome sont une référence importante, il faut en citer d'autres contemporaines (à peu de choses près) : la bio-économie de Nicolas Georgescu-Roegen et la critique de la société industrielle de Ivan Illich (par exemple Energie et équité téléchargeable ici : http://www.keny-arkana.com/desobeissance/infokiosque/Ivan_Illich_Energie_et_equite.pdf). Ces deux personnages revendiqués par les adeptes de la décroissance témoignent d'ailleurs de deux logiques un poil différentes. L'une est une critique de l'économie (dans son double sens economics / economy) au nom des limites physiques et biologiques de la planète, l'autre une critique de la société industrielle en général. Bon évidemment, tout ça c'est écrit à la serpe…Une référence internautique intéressante me semble être la revue Ecorev (http://ecorev.org/), qui n'est pas forcément dans la mouvance "décroissance", mais qui en tout cas y fait beaucoup référence… avec un peu plus d'intelligence que le journal de la décroissance. Bob le hongrois
Commentaire n°6 posté par boblehongrois le 13/12/2008 à 12h44

keuseuneum, bob. J'irai regarder Ecorev.
Je suis d'accord que le climat et l'environnement ne sont pas forcément les arguments "véritables" de la décroissance, mais c'est probablement par ce genre d'idées  (grosso modo, la surexploitation des ressources non-renouvelables en amont et la dégradation de l'environnement en aval) qu'elle a, sans doute, le plus de chance de populariser ses idées, non ? car la critique des "modes de vie" et de la "société industrielle" aura, pour beaucoup, des consonnances trop politiques, radicales et anti-système, en particulier pour les gens, qui, fondamentalement, sont du bon côté de la vie et profitent qd meme pas mal du système en question.

Réponse de ICE le 14/12/2008 à 19h43
Bonjour à tous. Intéressante réflexion sur ce journal très discutable. Le problème que se posent les gens soucieux d'environnement et de pérennité de notre espèce est que l'on ne peut faire comme si n'existaient pas des opposants à toute idée de restriction, moralisation de notre empreinte sur le monde naturel. Aussi convaincu que nous soyons d'avoir raison, cela n'a jamais été une raison suffisante à étouffer tout débat et à ridiculiser l'adversaire en une attitude confinant à l'autisme. Cela est d'autant plus ridicule si l'on considère le nombre de lecteurs de ce journal. La décroissance qui permettra de sauver un reliquat de la biodiversité et des mécanismes qui font fonctionner le système planétaire est une décroissance démographique. Il s'agit de tenir bon sur ce qui reste à sauver en attendant le pic démographique attendu pour dans une cinquantaine d'année. Si la courbe ne devient pas descendante à ce moment-là, ma foi il n'y aura plus grand chose à faire.
Commentaire n°7 posté par Anthropopotame le 14/12/2008 à 20h32
bonjour, merci pour votre réaction. je suis donc d'accord avec vous sur le "devoir de débattre et convaincre", et de ne pas bien entendu, se cantonner à la dénonciation - si je résume bien votre idée.
Quant à la décroissance démographique, j'ai envie d'etre d'accord, mais:
- aura-t-elle vraiment lieu, en effet ? que disent les prévisions démog. ?
- la décroissance démog. "nécessaire"  (mais  tout dépend alors de l'empreinte individuelle) est-elle compatible avec le fonctionnement de la société et de l'économie ? en d'autres termes, la croissance économique est, pour l'instant, une condition siné qua non du bon fctionnement de nos socéités; dans quelle mesure, l'expansion démographique, à l'échelle globale, n'est-elle pas aussi une condition nécessaire de cette croissance - et donc par ricochet de la bonne marche de nos sociétés? 
Réponse de ICE le 15/12/2008 à 20h42
Salut, J'avoue ne pas avoir eu le courage de me taper tous les commentaires mais en survolant j'ai l'impression que personne ne t'a conseillé la lecture la plus instructive pour comprendre ce qui fonde l'idéologie de la décroissance. Je parle de l'ouvrage du mathématicien et économiste Georgescu-Roegen dont le titre est la décroissance, sous titré entropie, économie, écologie. En tant que scientifique, tout comme moi, tu devrais y trouver beaucoup de réponses à tes questions. Je suis un lecteur régulier du journal La décroisance et je trouve ta vue intéressante. Cependant les critiques que tu adresses à propos du RMI ont peu d'intérêt puisque ce que tu dis est évident. La pensée portée par ce journal est radicale et utopiste et évidemment un tel décalage implique que certains de ses adeptes sont en rupture avec l'organisation sociale actuelle. Je te rejoins sur l'aspect communautaire et le côté autosatisfaction en soulignant toutefois que de nombreux lecteurs de La décroissance sont aussi des personnes très actives et réalistes sur le plan politique. Merci pour ton blog qu'un ami m'a fait découvrir et semble fort intéressant.
Commentaire n°8 posté par Joel le 22/01/2009 à 15h25
Bonjour à vous. Discussion intéressante pour moi, qui suis un lecteur assidu de "La Décroissance". (Et discussion intéressante car elle ne verse pas dans les éternelles tartes à la crème : décroissance = retour à la bougie !) Je vais essayer d'éclaircir (modestement) quelques points : - Le ton du journal, qui peu dérouter, j'en conviens, est à mon avis un outils pour amener à réfléchir et à mettre à distance notre quotidien. C'est un moyen de (re)créer une opposition politique réelle. C'est un premier pas pour "mettre à distance". Le côté "sale gosse" vise à créer du débat car, pour qu'il y est débat il faut des points de vues différents. Or, il y a consensus au niveau de la croissance. - pour ce qui est du fond, je pense qu'il faut aller effectivement vers ecorev, anthropia, Illich, mais aussi Gorz (par ex. Ecologica), Jonaz, Ariès, Latouche, etc. Je pense qu'ils ne proposent pas de réponses "clef en main", mais que c'est à nous de construire ensemble. - Pour ce qui est de la "transition", je pense que c'est une "mauvaise question". La Boétie écrivait en substance que "le tyran est aussi grand que nous le faisons nous-même" : son pouvoir vient de notre soumission. Limiter pu arrêter la bagnole, les supermarchés, les portables, etc., c'est donner moins de puissance à ces industries. Alors cela créera du chômage, mais aussi de nouvelles solidarités et façon de voir le monde... Bref. J'arrête là. pour ceux que ça intéresse, je laisse l'adresse de mon blog consacré à la décroissance : http://ex-croissance.over-blog.org/ Cordialement
Commentaire n°9 posté par Le Naufrageur le 26/02/2009 à 20h57
pour ajouter mes quelques centimes au débat, j'aimerais partager mes réflexions sur le sujet...

Par rapport à notre système économique globalisé sous entendant une croissance économique perpétuelle, obsédé par la création de richesses.
Et basé sur une production et une consommation sans cesse à la hausse, il en ressort selon moi une contradiction fondamentale.
Elle oppose une idéologie de mode vie qui tends vers l'infini, à un monde fini qui à une limite dans son espace, et dans ses ressources.
La terre a besoin d'un certain temps pour générer ses fruits exploitables, et assimiler les conséquances des activités humaines... (pour référence je reprends là, entre autre les idées de M Serge Latouche).

Je pense qu'il y a un enjeu cruciale qui nous fait face dans laquelle l'humanité dans son ensemble se doit de changer de mode de vie, ne fusse que pour assurer sa propre survie.
Ce changement nécessite que "l'homme" s'adapte et choisisse un mode de vie plus adapté au cycles de la nature.

Ce qui m'a frappé dans l'article de ICE et du débat qui suit, c'est l'esprit de polémique qui en découle.
j'ai l'impression que c'est un débat de sourd entre l'intéllecte et l'émotion.
D'une part les partisans de la décroissance paraissent trop radicaux dans leurs idées... et les scientifiques rationalisent et finissent par paraître trop intélectuelles.

Alors que fondamentalement il me semble qu'on se retrouve tous dans une réflextion pour repenser et redéfinir le fonctionnement de la société.

Personellement j'ai l'impression de vivre entre les deux... Je ressens une urgence de changement qui me pousse à être émotif, mais en même temps il me semble fondamentale de pouvoir garder un certain recul et d'entamer une réflexion pour éviter des actes et des prises de décisions de nature impulsives.

Cela dit (selon mes pensés) la plus grande difficulté à surmonter serait la perte de nos repères par rapport à notre mode de vie...
L'être humain fonctionne par habitude.
Ce sont nos habitudes qui nous rassurent...
le sentiment qu'on maîtise notre avenir et que notre devenir est entre nos mains est très rassurant.
Lâcher ces certitude et travailler pour créer des lendemains basés sur nos meilleurs idéaux dans un esprit de respect et d'ouverture d'esprit est selon moi le défi principale auquel notre humanité est confronté.
Commentaire n°10 posté par Thomas le 25/05/2009 à 18h47

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