Oui bon le titre fait un peu Paris match, désolé - mais c'est pour faire écho à l'articulation, intéressante je trouve, entre crise financière (quoi - vous n'étiez pas au courant ??! ) et
changement climatique, qui apparait à dtroite à gauche dans l'actualité.
En effet, on trouve d'abord un certain nombre de gens pour se livrer à des comparaisons (par toujours convaincantes) entre climat et finance, et nous alerter sur le fait que la crise climatique (
et, généralement, écologique) qui nous pend au nez va faire des dégats autrement plus importants que la crise financière actuelle - même encore bien loin de s'achever - et ce même sur un plan
strictement financier: par exemple
Jacques "j'avais tout prévu" Attali (notez le futur sympathique qui nous attend:
l'humanité va être asphyxiée par des degazages de méthane... Diable), ou le journaliste anglais écologiste
G.Monbiot (ou un peu dans la même veine,
Yves
Cochet).
Cela dit, le lien le plus évident entre les deux sujets est bien entendu que l'effort financier consenti par les Etats pour sauver le système financier, et la patrie avec, les rend un tout petit
moins enthousiastes à l'idée des efforts nécessaires pour ne serait-ce qu'aborder le problème du sytème climatique... C'est par exemple les négociations européennes à 27 du plan climat-énergie
(grosso modo si on a bien compris, 20% de réductions d'émissions, via 20% de renouvelables + 20% d'économies d'énergie d'ici 2020 + mise aux enchères des quotas carbone pour le post-kyoto 2013 -
ce genre de choses...) qui connaissent quelques
difficultés.
Bon, c'est assez compréhensible, certes - mais quand on voit comment la coordination politique inter-états et les centaines de milliards apparaissent quasiment par génération spontanée en une
nuit lors d'une crise financière, on se dit que s'il ne restait seulement qu'un petit chouilla de cette détermination commune pour aborder 2, 3 autres petits problèmes anecdotiques que nous avons
par ailleurs comme le climat, la faim dans le monde, la déforestation etc..., ca serait vraiment pas mal.
Bon - mais là où il faut être lucide aussi, c'est que pour l'instant on ne sait toujours pas faire autrement qu'une bonne petite récession pour limiter les émissions de CO2: moins d'activité
économique, c'est in fine moins de fuels fossiles brûlés, donc moins de CO2 (et ca ce voit même sur un graph:

)
Le prix nobel (il y a quelques années) de chimie Paul Crutzen (célèbre pour être un de ceux qui proposent
sérieusement d'injecter des aérosols dans la stratosphère pour refroidir le
globe en cas d'urgence) ne
dit pas autre chose.
On ne va certes pas se réjouir des troubles économiques - mais dans le marasme actuel, c'est toujours ca de pris. Peut-on même souhaiter que cette pause forcée dans la Kroissance serve
quelquepart de déclencheur, permette de réconsidérer un peu certaines priorités et d'amorcer des trajectoires différentes?
Derniers Commentaires