Vendredi 26 septembre 2008
- Par ICE
Via Le Monde, on apprend cette nouvelle, qui fait du bien: peindre les surfaces urbaines en blanc permettrait, par le refroidissement dû à l'augmentation de l'albédo de la surface (le blanc réfléchit davantage le rayonnement solaire), de contrecarrer le réchauffement dû à un ajout de ... 44 milliards de tonnes de CO2  - ce qui est supérieur à un an d'émissions humaines de CO2 aujourd'hui (on doit être autour de 30 Gt de CO2 actuellement, non ?).
C'est un résultat de Hashem Akbari, Surabi Menon et Arthur Rosenfeld, de Berkeley, à paraître dans Climatic Change - et le preprint est ici ...
C'est assez étonnant quand même, vu que les surfaces urbaines représentent... 1-2% max, des surfaces continentales (c'est eux qu'ils le disent ); et qu'ils en augmentent, pinceaux à la main, l'albédo de ... 0.1
Ils mettent par ailleurs en avant le bénéfice économique et énergétique résultant d'un moindre besoin de climatisation, puisque les buildingsb lancs chauffent moins - chose qui est parait-il déjà encouragée en Californie ou en Arizona. Enfin, évidemment, ca n'est pertinent que dans les endroits où il fait vraiment chaud l'été, n'allez pas dire ca au Norvégiens..

Bref -  vous en aviez parlé autour d'une bière, ils le publient. Franchement, euh... ca laisse réveur.
Quelques détails quand même:
- ces résultats sont basés uniquement sur quelque calculs de coins de table - dont certains paraissent assez mystiques - pas des simulations de modèles (qui permettraient, d'ailleurs, d'évaluer l'effet dynamique de telles modifications des surfaces: circulation, nébulosité, etc...).
- j'ai l'impression que la philosophie sous-jacente au papier est de faire équivaloir des modifs d'albédo à des tonnes CO2, dans l'optique d'un marché CO2. Comme ils le disent dans l'abstract, à 25$ la tonne, 44 Mt, ca fait 1100 Md$. Bon, après, c'est un peu la porte ouverte à toutes les fenêtres, comme on dit... ("hé, nous chez nous en Nouv.Zélande  on a pleins de moutons blancs, ca compte ?")
- parce que sinon ca a l'air beaucoup comme cà, 44Mdt, mais, en forcage W/m2, on cherche le chiffre dans leur papier, et on trouve ... -0.04 W/m2. Ca fait qd meme pas grand-chose (voir ici pour des ordres de grandeur des autres forcages)
- en outre, ce n'est peut-être pas le reproche majeur à faire à leur papier, mais comparer directement des forcages doit se faire avec prudence, que ce soit en terme d'"efficacité" ou bien de portée géographique du forcage (global pour le CO2, plus local, ici pour l'albédo..)
- enfin, quid, évidemment, du taux de renouvellement nécessaire des peintures (10 ans, 50 ans ?), de leur ACV, bilan écologique, etc...



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Commentaires

Tiens, vu le haut niveau de bullshit que tu sembles décrire, c'est étonnant que cela n'ait pas été publié dans Nature ;)
Commentaire n° 1 posté par Tom Roud le 26/09/2008 à 17h21
Probablement qu'ils ont pas du tenté le nature... (en même temps, climatic change, c'est pas okapi, non plus: impact factor=2.89)
Réponse de ICE le 26/09/2008 à 18h17

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